Mercredi 21 mars 2007
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Au moment du bac (1968, vous en avez entendu parler?), je crois que j'étais bien incapable d'envisager la suite. La seule chose dont je me souviens, c'est que j'avais certainement très envie, depuis longtemps déjà, d'être journaliste sportif. Mais je n'avais aucune idée de la filière à suivre pour cela.
J'aimais l'histoire. J'ai donc fait Histoire. A Censier, à la rentrée universitaire d'après 68, la rue était pleine du monde le jour des inscriptions. On aurait dit une manif. Je me souviens d'une pancarte d'un militant déjà post-soixante-huitard qui disait: "les inscriptions pour le chômage, c'est ici".
DUEL (qui deviendrait DEUG plus tard) au bout de deux ans, licence au bout de trois. Je ne voyais toujours pas la fin de... l'histoire, pour moi qui n'avais aucune envie d'enseigner. Ma chance, c'est que je connaissais un journaliste de L'Equipe. Par lui, j'ai commencé à faire des petits boulots à L'Equipe et à France-Football. A l'époque, c'était souvent comme cela que débutaient les journalistes, sans passer par les écoles de journalisme.
Tout en travaillant - essentiellement le soir et les week-ends - dans ces journaux dont rêvent tous ceux qui aspirent à devenir journalistes de sport, j'ai poussé un peu plus loin du côté de la Sorbonne. Autre coup de chance, au niveau de la maîtrise (aujourd'hui master), j'ai frappé à la porte du professeur de Paris I titulaire de la chaire de relations internationales, M. Jean-Baptiste Duroselle qui m'a proposé un sujet de mémoire ayant rapport avec le sport. C'était la première fois qu'un tel sujet était choisi à la Sorbonne (on ne peut pas dire que dans ces années d'après 68, le sport était très populaire à la Sorbonne!). Je parle de deuxième chance parce que le sujet - forcément nouveau - que j'ai traité (les aspects politiques et diplomatiques de la Coupe du monde de football) m'a permis de me faire remarquer un peu plus... à L'Equipe.
Seulement, les embauches étaient rares à l'époque. Je me suis alors lancé (comme pour patienter, grâce à l'aide que m'apportaient mes parents) dans une thèse de doctorat de 3e cycle, toujours avec Duroselle comme directeur de thèse, toujours sur un sujet sportif (la politique du sport en France entre les deux guerres). Au bout d'un an ou deux de recherches, comme j'ai été enfin engagé à L'Equipe, j'ai stoppé mes recherches, par manque soudain de motivation. Il me semble que mon professeur l'a alors plus regretté que moi.
La leçon que j'ai retirée de cette période, qui doit toujours être vraie 35 ans plus tard, c'est qu'il est très intéressant d'avoir "plusieurs fers au feu". J'avais la chance d'avoir une passion (le sport, mais cela aurait pu être autre chose) qui n'avait a priori pas grand-chose à voir avec mes études. Mais j'ai aussi eu la chance de faire coincider les deux.
C'est pourquoi j'encourage mes interlocuteurs désireux d'aller dans cette voie des medias: à la fois de se construire ce bagage (la voie universitaire reste un moyen intéressant), de tenter d'entrer dans les écoles de journalisme pour apprendre les bases du métier (comme dans tous les domaines de la communication ou du marketing, il y a de vraies bonnes écoles et des boites qui le sont beaucoup moins), mais aussi d'essayer de trouver des petits boulots (je sais que c'est de plus en plus dur et de moins en moins rémunérateur) qui leur permettront d'apprendre le métier sur le terrain et peut-être de se construire un premier réseau de relations (ça compte toujours).
Didier Braun
Par Une ancienne
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Publié dans : TEMOIGNAGES D'ANCIENS
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